Lundi 19 mai 2008
Salut à tous,

Dans la perspective de l'élection du projet RISC 2009 qui se déroulera demain, voici les 1ères informations concernant le projet "TERRA DARWIN 2009"

Nous avions demandé aux candidats de rédiger une fiche synthétique d'une page présentant les différents points clefs de leur expédition. Ils devaient aussi se projetter à la fin leur expédition afin d'effecuer un compte rendu (d'une page) racontant des faits marquants de leur aventure comme s'ils venaient de revenir en France...

Vous trouverez donc ci-dessous leurs travaux :

Bonne lecture,

Geoffroy


Compte rendu d'expé :

« TERRA DARWIN  2009»

5 étudiants de l’ISC Paris enfin revenu de la Terre de feu. Cette région du monde située à l’extrême Sud du Chili n’est connue que pour sa dangerosité à travers ces eaux agitées mais aussi pour son climat inhospitalier.

C’est au nombre de cinq que nous arrivâmes très chargé  à Puntas Arenas, et ce n’est que quelques heures plus tard que nous quittions cette ville comptant 150 000 âmes à bord d’une navette qui nous emmena plus au Nord à Puerto Eden. La météo n’était pas avec nous et la traversée dans le détroit de Magellan, le plus grand cimetière de bateaux du monde, s’avéra difficile et agitée. La remontée à travers les canaux et les terres fragmentées de nombreuses îles fut tranquille mais brumeuse et maussade. L’arrivée à Puerto Eden fut brève, les indiennes Alacalufs ne parlaient que très peu dans un espagnol peu compréhensible. Nous les sentions tristes et lassées, leur expression monotone nous laissait comprendre à quel point il devenait lassant de parler pour la énième fois de leur peuple aujourd’hui disparu. Nous pagayions dans les eaux tranquilles du canal Messier jusqu’au détroit de Colingwood, certains rivages étaient mousseux et donc impraticables tandis que d’autres étaient gelés, les paysages étaient somptueux mais ces fjords fuégiens nous réservaient bien des surprises. Plusieurs fois nous devions naviguer dans le noir à la rencontre d’un rivage accessible ou la terre était meuble. C’est avec beaucoup d’appréhension que nous abordâmes les eaux tourmentées du détroit de Magellan, pendant 2 jours complets nous sommes restés sur cet îlot à l’abri en attendant que la mer soit moins agitée. Nous devions affronter cet obstacle le plus rapidement possible.

L’arrivée sur les berges du parc Alberto de Agostini nous parut être un aboutissement étant donné l’effort que nous avions dû fournir pour pagayer à travers ce détroit tempétueux et noir. Les 7 heures de jour nous obligeaient à avancer de la première à la dernière heure quasiment sans s’arrêter : l’effort était continu donc plus éreintant. Cette descente vers le Sud nous familiarisa avec un autre genre de faune et de flore, passant d’un climat de steppe froide  à un climat austral assez rude. Nous allions faire une boucle dans la Cordillera Darwin en espérant pouvoir accéder et réussir à passer dans ces endroits qu’aucun homme n’a jamais traversés. La première semaine fut rude, les températures pouvaient atteindre les -35°C à cause de ces vents colériques créateurs de monts et de cicatrices terrestres. 3 jours complets dans la tente en attendant une météo qui nous permettrait au moins d’avancer. C’est aux aurores que nous avions bouclé le campement et commencé à marcher, le tout en 2 voyages transportant nos 2 gros sacs de randonnée chacun. Alors que le soleil était à son zénith lors de notre 13e jour de marche, nous tombâmes face à face avec une crevasse qui nous força à faire demi-tour, l’endroit était impraticable. Nous dûmes rebrousser chemin et revenir sur nos pas en combinant marche en raquettes en cordée et cramponnage, nous avions traversé 4 fois le même champ de crevasse. Ce parcours avait été si éreintant que nous dûmes rester 1 jour complet sous notre tente pour nous reposer. Le répit ne dura pas longtemps car en fin de journée ; juste avant que le soleil ne se couche, des vents violents se levèrent, de la neige et de la grêle tomba, un double toit fut percé, nous dûmes agir rapidement et monter la tente de rechange. Ce fut un challenge car le sol ne s’y prêtait pas. Le froid, la neige, l’humidité, la nuit, rien de tout cela ne nous épargnait : le froid nous engourdissait les mains, le vent ne nous permettait pas la moindre erreur car c’était notre vie qui était en jeu, une tente déchirée et une envolée au milieu de cette terre hostile et inconnue risquerait de largement compromettre notre expédition. Grâce à nos images satellites nous pûmes retracer un autre itinéraire qui nous permettrait de revenir au point de départ sur les berges du détroit d’Agostini. Les aléas de l’exploration, le fait d’avancer sur des terres inconnues nous exposaient à des résultats incertains et des risques bien réels si bien qu’Aurélien, chef d’expédition, tomba dans une crevasse invisible le 23éme jour au matin, d’où il réussit à s’extraire à coups de piolets et crampons. Le point-clé de notre expédition fût l’ascension d’un mont non répertorié sur les cartes culminant à 1876 mètres d’altitude, sur lequel la première station météorologique fixe fut posée. Après avoir repéré la position et déposé les drapeaux, nous redescendîmes. Une autre tempête s’annonça et nous bloqua encore 3 jours si bien que nous dûmes retourner au plus vite à notre campement car les blessures de chacun, et l’état d’épuisement général commençait à se faire largement ressentir.

Pagayer jusqu’à Puntas Arenas nous demanda un effort surhumain et 4 jours de lutte acharnée contre les éléments hostiles. Le retour par avion nous parut rapide : nous étions soulagés d’avoir accompli cet exploit.

Chacun d’entre nous avait ce rêve d’explorer des terres jusqu’alors inconnues, cette expédition était alors le début d’un accomplissement. Nous sommes aussi heureux d’avoir été utiles aux scientifiques et topographes, c’est pourquoi nous remercions de tout cœur l’ISC Paris, nos partenaires ainsi que notre parrain Christian Clot, sans qui  ce projet d’expédition n’aurait pas vu le jour.

Par Geoffroy - Publié dans : News
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Dans cette rubrique, vous pouvez retrouver les portraits de quelques Anciens du RISC

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